Le bien-être au travail

La 10e édition du Baromètre santé et qualité de vie au travail de Malakoff Médéric indique que les salariés ont une meilleure qualité de vie au travail qu’il y a dix ans et qu’ils sont confiants face aux prochains changements du monde professionnel, mais… Détails.

Une meilleure qualité de vie au travail

En 2018, 73% des salariés se sont dits satisfaits de leur qualité de vie au travail, et 60% d’entre eux ont déclarer se sentir mieux dans leur travail qu’il y a dix ans. Parmi les raisons évoquées pour cette amélioration :

Un travail jugé moins pénible

48% des salariés contre 54% en 2009 estiment leur travail physiquement fatigant, avec une exception pour les ouvriers chez qui ce pourcentage s’élève à 80%.

Une confiance réaffirmée dans leur situation professionnelle

– Tous secteurs confondus, 73 % des salariés se disent confiants dans leur situation professionnelle (+ 9 points par rapport à 2012).
– Par ailleurs, 74 % des salariés se disent confiants vis-à-vis des changements et innovations technologiques qui vont impacter le monde du travail dans les dix prochaines années. Et 69 % pensent que ces changements seront bénéfiques à l’avenir pour leur travail.

Une santé mieux préservée

– 74 % des salariés pensent faire ce qu’il faut pour entretenir leur santé (+ 6 points par rapport à 2009).
– 49 % des salariés pratiquent une activité physique légère une à cinq fois par semaine (+ 19 points en dix ans).
– Le nombre de fumeurs a nettement diminué, passant de 31 % en 2009 à 24 % en 2018.
– En revanche, le sommeil demeure une préoccupation pour un salarié sur deux : 51 % estiment ne pas dormir suffisamment en 2018 (+ 5 points en dix ans).

Mais des risques persistent …

Malgré cette nette amélioration de la perception de la qualité de vie au travail, certains risques, devenus de plus en plus prégnants au cours de la décennie écoulée, ressortent de l’étude :

Un équilibre vie professionnelle/vie personnelle fragilisé

35 %des salariés (contre 27 % en 2009) éprouvent des difficultés à concilier vie personnelle et professionnelle. Lorsque l’on demande à ces salariés ce qui leur permettrait de mieux concilier ces temps de vie, des horaires de travail plus souples (46 %), une réduction du temps de travail (28 %) et la possibilité de télétravail (24 %) arrivent en tête des solutions.

Une pression psychologique qui diminue peu

68 % des salariés jugent leur travail nerveusement fatigant, un chiffre toujours élevé mais en baisse de 4 points depuis 2009. Parmi les raisons invoquées : 40 % des salariés ont du mal à gérer leurs priorités (contre 30 % en 2010). La fragmentation du travail entre aussi en jeu : 29 % des salariés indiquent être interrompus régulièrement, ou avoir un travail haché.

Un manque de reconnaissance et/ou d’autonomie

Plus de 4 salariés sur 10ne se sentent pas reconnus par leur hiérarchie. Seuls 24 % des salariés (- 4 points depuis 2011), et 19 % des femmes indiquent pouvoir prendre des décisions.

Une érosion de l’engagement

En dix ans, la part des salariés très engagés a nettement diminué, passant de 41 % en 2009 à 29 % en 2018. Les personnes qui déclarent aujourd’hui le niveau d’engagement le plus élevé sont les salariés des TPE, les managers et les personnes de plus de 50 ans.

Et de nouvelles problématiques émergent

Allongement de la durée de vie professionnelle, intelligence artificielle, nouvelles formes de travail et d’emploi…, en 10 ans, le rythme des transformations affectant le monde de l’entreprise s’est considérablement accéléré. Dans ce contexte de profondes mutations, 49 % des salariés ont vécu au moins un changement au cours des douze derniers mois (contre 36 % en 2009), et plus d’un salarié sur deux (56 %) déclare être en situation de fragilité personnelle ou professionnelle (difficultés financières, situation d’aidant, maladie grave, perte de sens ou de compétence …). Des solutions existent pour permettre aux entreprises d’accompagner leurs salariés face à ces difficultés, et 57 % des dirigeants indiquent agir en la matière (amélioration des pratiques managériales, accompagnement vers le retour à l’emploi après une longue maladie…).

L’allongement de la durée de vie professionnelle

Seuls 28 % des salariés de 50 ans et plus se sentent capables de travailler au même rythme dans dix ans. La place des seniors est une inquiétude exprimée par un quart des salariés (26 %) pour qui « dans [leur]entreprise, avoir plus de 45 ans est un handicap ». Du côté des dirigeants, 38 % d’entre eux indiquent agir pour le maintien de l’emploi des seniors (cumul emploi-retraite, employabilité à tout âge, amélioration des conditions de travail des plus âgés).

Le développement des compétences

Si une grande majorité des salariés (74 %) se dit confiante vis-à-vis des innovations technologiques à venir, 22 % d’entre eux reconnaissent « avoir peur d’être dépassés par les nouveaux outils et les changements technologiques », et seuls 28 % indiquent bien maîtriser les outils informatiques, un chiffre en baisse de 7 points par rapport à 2013. Côté dirigeants, 43 % d’entre eux déclarent mettre en place de nouvelles formes d’acquisition en continu des compétences.

Source: Baromètre Santé et bien-être des salariés 2018, Malakoff Médéric / Sociovision-IFOP menée auprès de 3 500 salariés du secteur privé.
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Photo : Pixabay

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